Le père Goriot de Balzac



De monsieur Honoré de Balzac, je n'avais encore lu aucun livre. Ce petit désamour de ma part s'explique par le fait que ma prof de littérature préférée n'aimait pas Balzac et adorait Zola. Cette femme a été l'un de mes modèles et du coup, j'ai lu plusieurs livres de Zola et je m'étais désintéressé de Balzac. Aujourd'hui, je me sens prête à découvrir cet auteur et à lui laisser sa chance et j'avoue que je ne l'ai pas regretté. Attention les petits loups, il va falloir préparer vos mouchoirs pour ce roman de mœurs. 

Qui est Honoré de Balzac ? 


Né à Tours en 1799 et mort en 1850 à Paris, Balzac est l'un des grands noms de la littérature française. Son oeuvre littéraire est immense et l'importance de son cycle littéraire intitulé La Comédie Humaine, qui se compose de 90 romans et nouvelles. Parmi les romans les plus importants de Balzac se trouve le Père Goriot dont je vais vous faire une rapide analyse et un bilan lecture.

Résumé et avis...

Dans ce roman, on va suivre un personnage ambitieux, Eugène de Rastignac qui vient à Paris pour faire ses études de droit. Issu de la noblesse désargentée, il va mettre en oeuvre un plan afin de pouvoir faire fortune. On peut tout à fait faire le rapprochement entre Eugène de Rastignac, Julien Sorel et Georges Duroy pour leur ambition dévorante. Eugène va cependant, croiser le chemin d'un vieil homme que l'on surnomme le Père Goriot et qui loge dans la même pension miteuse que lui. Très vite, il va s'attacher au Père Goriot, lorsqu'il découvre son histoire.

Le père Goriot surnommé ainsi par la mesquine et jalouse Madame Vauquer, propriétaire de la pension dont l'amour-propre a été bafoué par le manque d'intérêt que le Pere Goriot semblait lui porter. Ce dernier a perdu sa femme alors qu'il était encore jeune, c'est lui qui s'est occupé de l'éducation de ses filles. Il a littéralement donné tout ce qu'il possédait pour s'assurer que ses filles aient une vie décente. Et c'est ce dévouement de Goriot pour ses filles qui va faire sens auprès du lecteur de ce surnom de Père Goriot. En effet, Balzac a travers les nombreuses déclarations de Goriot, font de ce dernier une caricature poussée à l'extrême du père qui ne va vivre que pour ses filles.  Il est dévoué corps et âme à ces deux enfants qui au final ne lui rendront jamais l'amour qu'il avait pour elles. Cet amour aveugle, dévorant et destructeur de Goriot pour ses filles va littéralement toucher Eugène de Rastignac qui va alors devenir le seul confident et ami du père Goriot.  

L'attachement d'Eugène auprès du père Goriot s'explique peut-être par la non-présence affective du propre père d'Eugène. Puisque en effet, lorsque le jeune étudiant à besoin d'argent, c'est auprès de sa mère et de ses sœurs qu'il se tourne. De plus, il demande à sa mère de ne pas évoquer sa requête à son père, cela laisse supposer la présence d'un père autoritaire. Cette relation père-fils sans doute difficile, peut expliquer l'importance que le Père Goriot va prendre dans la vie et dans le cœur d'Eugène de Rastignac. Mais, un autre homme dont la position de père est un peu moins évidente est aussi évoqué dans ce roman, il s'agit de la relation entre Eugène et Vautrin. 

A travers ce roman Balzac, nous donne à voir la société parisienne et son obsession des apparences et de la richesse, au final ces dernières sont bien plus importantes que les sentiments. Il cherche également à nous montrer les erreurs d'éducation de certains parents pour leurs enfants. En effet, la conception du dévouement, de l'amour paternel et de l'éducation telle que la conçoit le père Goriot est erroné et il le découvre lui-même à la fin. En répondant aux caprices de ses filles, le vieux Goriot s'illusionne qu'il achète l' amour de ses filles et il entretient la stupidité, cupidité, paresse et vice de ses femmes qui n'ont jamais appris l'humilité, le travail et l'honneur. 

Le Père Goriot, ne peut laisser personne indifférent, sa fin poignante et tragique m'a fait pleurer et j'ai beaucoup apprécié la plume de Balzac qui est vraiment habile et parfois même incisive et sournoise. En effet, je trouve que l'air de rien, Balzac arrive à torturer ses personnages pour en faire ressortir au final la véritable nature et les vices. Car, chez Balzac tous les personnages ont une relation particulière et différente avec l'argent. On se trouve écœurer de voir la cupidité de tous les personnages que ce soit les filles de Goriot, Eugène, Vautrin, madame Vauquer et toutes les autres personnes habitant la pension. Dans cette histoire point de happy end, personne n'échappe à la plume de Balzac, car aucun personnage n'arrive à faire peur de profond altruisme. " Je leur ai donné ma vie, elles ne me donneront pas une heure aujourd'hui."

Durant ma lecture, j'ai relevé cette phrase sublime et atroce qui montre la dureté de la vie à Paris.
"Un des privilèges de la bonne ville de Paris, c'est qu'on peut y naître, y vivre, y mourir sans que personne ne fasse attention à vous." En effet, le seul moyen de se faire remarquer est d'avoir de l'argent, mais Balzac nous montre que l'argent ne procure pas forcément le bonheur et pourtant le héros de ce roman Eugène de Rastignac va après toutes les épreuves traversées et après avoir découvert l'horreur de cette vie parisienne poursuivre son ambition comme nous le laisse deviner la fin du roman.

Ma note: 20/20 

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